SAVIEZ- VOUS ?
L’immense majorité des Québécois ignore sans doute que le gouvernement du Québec a modifié en juin 2005 l’article 41 de la Charte québécoise des droits et libertés pour imposer le cours d’éthique et de culture religieuse. Et ceci sans débat public. Les modifications apportées retirent aux parents le droit d’exiger que leurs enfants reçoivent une éducation conforme à leurs convictions dans les écoles publiques, ils ne peuvent désormais plus qu’assurer cette éducation ailleurs qu’à l’école publique et pour autant que cette éducation soit « dans l’intérêt de leurs enfants ». Mais qui décidera de cet intérêt quand ils ne correspondent pas aux désirs des parents si ce n’est l’État ?
L'article 41 de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne
Énoncé original (1982)
« Les parents (…) ont le droit d'exiger que, dans les établissements d'enseignement publics, leurs enfants reçoivent un enseignement religieux ou moral conforme à leurs convictions, dans le cadre des programmes prévus par la loi. »
Modification apportée par la loi 95 (juin 2005)
« Les parents ou les personnes qui en tiennent lieu ont le droit d'assurer l'éducation religieuse et morale de leurs enfants conformément à leurs convictions, dans le respect des droits de leurs enfants et de l'intérêt de ceux-ci. »
«...avoir le "droit d'exiger" et avoir le "droit d'assurer", ce n'est pas du tout la même chose. Dans un cas on reconnaît l'autorité finale du parent sur les convictions qu'on transmettra à l'enfant, SON enfant. Dans l'autre, on lui LAISSE le privilège de transmettre ses convictions, ...dans la mesure où les "droits et l'intérêt" de l'enfant sont respectés. [...]
Le parent devient donc le mandataire d'une autre personne, qui elle peut juger de ce qui est dans l'intérêt de l'enfant et de ce qui respecte ses droits. Puisque cette autre personne n'est pas nommée explicitement ... c'est l'État qui devra faire respecter cette règle et il devient le détenteur du droit anciennement réservé au parent (biologique) : transmettre les convictions qu'il choisit aux enfants québécois. [...]
L'État se retrouve, qu'il le comprenne ou non, avec les pouvoirs que bien des régimes totalitaires ont utilisé de façon catastrophique dans le passé.» (source)